Le chorégraphe des lettres
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- 4 oct.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 oct.
Par Elisabeth Ahlbäck
Le chorégraphe des lettres est l’intitulé de l’exposition temporaire du grand calligraphe Hassan Massoudy dans le Lot, à Figeac. Jusqu’au 2 novembre, son exposition nous donne l’occasion de partir dans un voyage spirituel à travers la calligraphie arabe.

« Quand mes lettres s’envolent, je vole avec elles, je me pose si elles se posent. Parfois des naissances inattendues m’aident à mieux percer certaines de mes intuitions. »
Telle est une des citations de Hassan Massoudy qui parsèment subtilement l’exposition de ses œuvres au Musée Champollion — Les Écritures du Monde à Figeac.
Cet été, j’avais à cœur d’aller voir cette exposition de Hassan Massoudy, calligraphe considéré comme l’un des grands maîtres calligraphe de nos jours. Artiste humble et discret, j’ai eu la chance de le rencontrer et faire sa connaissance à Paris et plus tard participer à un stage. De lui, je garde une vive impression de sincérité et de patience.
Hassan Massoudy, aujourd’hui âgé de 81 ans, a accordé au Musée Champollion et à la ville de Figeac une donation de 160 de ses œuvres. La directrice du musée Champollion et également commissaire de l’exposition, Céline Ramio, a annoncé en début d’année cette belle acquisition. De ce don exceptionnel est né un événement ; une exposition, « Le chorégraphe des lettres », et son inauguration à laquelle l’artiste fut présent avec son épouse, le 4 juillet dernier. Né au bord de l’Euphrate au sud de l’Irak en 1944, Hassan montre très jeune de l’intérêt pour la peinture et l’écriture. Il entre à l’École des Beaux-Arts de Bagdad en 1963 et pour gagner sa vie, il travaille comme calligraphe ayant appris ce métier depuis 1961. Avec le durcissement du pouvoir qui considère la calligraphie et la peinture comme instrument de propagande, il s’exile en France en 1969. A l’École des Beaux-Arts de Paris, où il rentre, il découvre avec passion l’art de l’Occident.
Dans la salle Zoraïde figure une cinquantaine d’œuvres de calligraphie arabe qui témoignent toutes d’une grande maîtrise du geste et du souffle. La force et la subtilité des couleurs, encres teintes par des pigments naturels, émerveillent le spectateur. Au service de la sagesse, en croisade entre l’Orient et l’Occident, Hassan Massoudy fait danser ses lettres et nous amène en un voyage spirituel.

« Je médite sur une phrase, je rêve à la forme qu’elle va prendre, à sa couleur. Puis je mélange les pigments et les liants dans un grand moment d’intériorisation… »
Au moment où Hassan pose son outil sur le papier vierge, la composition à naître lui est encore inconnue, elle sera néanmoins un écho de ses sentiments à l’instant même de l’exécution. Une lettre choisie peut s’écrire de multiples façons. L’artiste, cependant, connaît parfaitement la forme de la lettre, ce qui lui permet un mouvement à la fois libre et maîtrisé.
Une autre citation qui témoigne hautement du trait caractéristique de l’artiste, la patience…
« L’apprentissage est long mais la calligraphie finit toujours par récompenser celui qui l’aime avec patience. »
Sources :
Le Musée Champollion — Les Écritures du Monde
Hassan Massoudy. Le chemin d’un calligraphe — Jean-Pierre Sicre — Éditions Phébus
Elisabeth sur Instagram : art.du.trait














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